du 19 au 26 mars 2012 / Gare Ivry, collectif Arts/Traversée


RECHERCHES AUTOUR DU JEU MASQUE

PAR ANAÏS BLIN

le tac - théâtre masqué

"Le paradoxe de la condition humaine, c'est qu'on ne peut devenir soi-même que sous l'influence des autres." Boris Cyrulnik

 

C'est le regard de l'autre qui nous nomme, comme un miroir conscient, actif.

 

Le rapport comédien/spectacteur est un échange constant des consciences: le personnage qui émane de l'acteur prend vie dans le regard du spectacteur.

Il se dégage du jeu masqué une grande générosité car le comédien donne tout ce qu'il joue au spectacteur, c'est un partage réel.

 

Chercher à saisir la conscience du spectacteur nous rapproche de la réalité du plateau, nous éloigne de notre égo, et crée de façon forte ce lien scène-salle nécessaire au théâtre.

 

Le masque demande de laisser le sien chez soi, car la projection mentale du "moi" entrave la disponibilité de l'acteur: il faut être sans cesse aux aguets de tout ce qu'on peut percevoir, jouer par nécessité et non par mécanisme d'acteur.

Et ce n'est qu'à partir du moment où on accepte le vide, que l'on peut être disponible pour saisir la réalité de la situation, être en réel dialogue avec les partenaires et le public.

 

Prendre le vide pour l'occasion de laisser surgir l'inconnu, prendre ce qui nous apparait comme un obstacle pour un appui de jeu.

 

"Le masque ne permet pas le mensonge et dévoile toutes les faiblesses de l'acteur: manque d'imagination, savoir-faire, plus que savoir-être, manque de présence, manque d'écoute. Il dessert le comédien qui s'en sert pour se cacher. Inversement, il peut devenir sublime et autoriser des moments de théâtre d'une rare intensité." Ariane Mnouchkine