du 20 février au 12 mars 2012, Paris 20


IMPROVISATION ET CINEMA : A TABLE !

PAR MAXENCE GOURDAULT-MONTAGNE ET NICOLAS GIULIANI

« Créer les conditions de l’improvisation, c’est donner à chacun le pouvoir de prendre une part de responsabilité dans l’évolution de chaque situation, d’en proposer une interprétation singulière, une réponse personnelle »* affirme Gilles Mouëllic, spécialiste de l’improvisation au cinéma.

En ce sens l’improvisation n’est pas naturaliste, une évidence qu’il suffit de filmer, mais la construction d’un dispositif complexe qui donne la possibilité aux comédiens de s’emparer d’une histoire et d’y évoluer dans un pur présent.

L’improvisation comme moyen pour raconter une histoire, où l’incident, le débordement, le déséquilibre ont toute leur place.

 

Qui d’autre mieux que le cinéma peut capter ce moment fugace qu’est celui de l’improvisation ? De par sa nature le cinéma est peut-être le seul art capable d’enregistrer du présent en mouvement.

 

L’improvisation, plus que toute autre technique, se travaille. Elle ne vient pas naturellement mais au terme d’un processus dans lequel sont mis en place un dispositif favorisant son émergence et des outils permettant aux comédiens de jouer.

Comme le jeu, elle a besoin d’un cadre et de règles qu’il s’agit d’identifier chez les cinéastes qui la pratiquent (Renoir, Rosier, Cassavetes, etc.), et au besoin d’inventer.

C’est ce que nous tenterons d’explorer au cours de cet atelier. Avec "la table" comme motif autours duquel improviser.

 

En d’autres termes, pour reprendre ceux d’Alain Cavalier, tout notre travail consiste à « saisir la vie avant qu’elle ne s’envole ».

 

*Gilles Mouëllic, IMPROVISER LE CINÉMA, Éditions Yellow Now – Côté cinéma